09.04.19

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Logistique urbaine & livraison du dernier kilomètre, un environnement aux enjeux complexes

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Article publié par Fanny Rousseau, Consultante chez Keyrus Management
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La livraison urbaine, ou livraison du dernier kilomètre, est un plein essor depuis une dizaine d’années, avec une croissance d’environ 10% par an, notamment du fait de l’augmentation du e-commerce. En effet, le nombre de colis liés au e-commerce livrés en 2017 s’élève à 500 millions selon la FEVAD. Cette augmentation des flux de marchandises a de nombreux impacts à la fois pour les villes (urbanisme, infrastructures, réglementations…) mais aussi pour les acteurs de la livraison et de la distribution. Cet article propose un tour d’horizon des problématiques soulevées par cet essor de la livraison aux particuliers, et les solutions y répondant. 

La livraison, un levier de différenciation pour les entreprises

La livraison est le critère le plus important pour 72% des acheteurs e-commerce (étude IPSOS pour Star’s Service, 2018) devant le prix, le produit ou même la sécurité. De plus, les consommateurs privilégient la livraison à domicile à 66%. Cette option est la plus coûteuse et nécessite une bonne organisation du service de livraison pour les entreprises. L’expérience de la livraison est incontournable lors d’un achat en e-commerce et ne doit surtout pas être négligée. Le dernier kilomètre est le dernier maillon de la supply chain. Il connecte l’entreprise ou transporteur, directement avec le client final. C’est pourquoi la livraison représente un enjeu important dans l’expérience d’achat du client.

En effet, lorsqu’elle est positive elle représente un levier de fidélisation important. Dans le cas contraire les consommateurs sont prêts à changer de commerçant si les conditions de livraison semblent plus intéressantes. Afin d’offrir une expérience positive, voire fidéliser, les exigences clients sont à prendre en considération : la fiabilité du délai de livraison, livraison à domicile ou au plus proche, choix du créneau horaire de livraison, tarif de la livraison, etc. L’augmentation du nombre de livraisons aux particuliers implique de nombreuses problématiques, aussi bien au niveau de l’urbanisme, qu’au niveau environnemental ou réglementaire.

L’augmentation des livraisons implique une densification du trafic urbain & un impact environnemental important

L’augmentation des achats e-commerce densifie inévitablement le trafic en zone urbaine. D’après l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME), la livraison de colis vers des particuliers représente 20% du trafic actuel et occupe 30% de la voirie. La densification du trafic oblige les agglomérations et transporteurs à travailler ensemble pour trouver des solutions pour fluidifier la circulation en ville. Afin de faciliter les livraisons, les livreurs doivent également bien connaître les secteurs de livraison ; à défaut une très bonne optimisation des tournées est incontournable pour le prestataire.

Par ailleurs, de par son augmentation, la livraison du dernier kilomètre augmente inévitablement la pollution en zone urbaine. Elle représenterait 25% des émissions de gaz à effet de serre et un tiers des émissions de CO2 selon l’ADEME. L’enjeu de la pollution atmosphérique est important pour les services municipaux des villes et pour les transporteurs, afin non seulement de rendre la vie urbaine plus agréable, mais également de favoriser une chaîne logistique plus verte pour les entreprises et de limiter l’impact environnemental des livraisons.

Des coûts & une réglementation à prendre en compte

Le dernier kilomètre est le plus coûteux : entre 20 et 50% du coût global de la chaîne logistique sont consacrés au dernier kilomètre. En effet, les flux sont mieux maîtrisés en sortie d’entrepôt ou centre de distribution. L’enjeu pour les transporteurs et entreprises est de proposer une livraison limitant les impacts environnementaux et le trafic en centre-ville, respectant les exigences clients tout en restant rentable économiquement.

Par ailleurs, régulièrement des projets de loi sont présentés à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Dernièrement, dans la proposition de loi portant sur le Pacte national de revitalisation des centres-villes et centres-bourgs, l’article 27 propose la création d’une taxe sur les livraisons liées au commerce électronique. Cette proposition a été votée par le Sénat en juin 2018. La taxe serait calculée en fonction du nombre de kilomètres parcourus en France, à l’exception des entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros ou pour les livraisons utilisant des modes de transport propres (véhicules électriques, vélos…).

Une mutualisation des livraisons

L’une des solutions les plus développées pour le moment est la livraison en point relais qui permet de mutualiser des livraisons (meilleur impact environnemental), de gagner du temps (plus besoin de livrer les particuliers un à un), gain économique (limite le nombre d’arrêts des livreurs). Le particulier réalise donc le dernier kilomètre. Dans cette même idée le click & collect se développe dans les grandes enseignes pour que le consommateur retire sa commande en magasin.

Par ailleurs, un autre levier à exploiter par les sociétés est la mutualisation : un camion ou transporteur livre pour plusieurs entreprises. Cette solution permet de livrer en atteignant un volume de marchandises qui ne pourrait être atteint que par de grandes entreprises. Cependant, cette mutualisation nécessite une bonne coordination et un partenariat des différentes parties prenantes. Elle doit être anticipée et organisée en amont de la livraison du dernier kilomètre. Afin d’organiser cette mutualisation plusieurs villes ont mis en place des Centres de Distribution Urbain (CDU) ou des Espaces Logistiques Urbains (ELU) en périphérie des métropoles. Les transporteurs peuvent alors déléguer leurs livraisons à un sous-traitant unique réalisant les derniers kilomètres de livraison.

Des innovations au service de la logistique du dernier kilomètre

Afin de limiter le trafic et ses conséquences environnementales, certains acteurs de la livraison utilisent des modes des transport moins polluants et occupant moins la voirie, comme des véhicules électriques ou hybrides, des triporteurs ou vélos cargos à assistance électrique, ou même des coursiers vélo pour les plus petites livraisons. Dans cette optique, les entreprises Libner et Dachser se sont associées pour créer et tester le BIL, « Base Intelligente de Logistique », qui combine un camion poids lourd de 19 tonnes dans lequel un petit camion électrique de 2,5 mètres de long est intégré. Après stationnement, le camion principal sert de quai de chargement pour le véhicule électrique qui réalise le dernier kilomètre.

Des drones sont également en cours de test pour la livraison aux particuliers. Amazon a été l’un des premiers à tester ce mode de livraison. Depuis de nombreuses start-ups sont en cours de développement sur des drones plus robustes et silencieux pour parcourir les villes. De même, de nouveaux modèles de livraison sont en cours d’émergence. Le premier est la mise en relation de sociétés de livraison ou d’entreprises et commerçants avec des livreurs indépendants le plus souvent à vélo. Le deuxième modèle s’inscrit dans le crowdsourcing en proposant à des particuliers de réaliser la livraison vers d’autres particuliers (livraisons collaboratives).

Des éditeurs de solutions informatiques proposent des solutions pour optimiser le dernier kilomètre pour les acteurs de la livraison mais aussi à destination des particuliers. Elles permettent notamment l’optimisation du parcours de livraison, la géolocalisation des véhicules de livraison, le suivi en temps réel des livraisons (notamment pour notifier le client d’un créneau de livraison ou confirmer la bonne réception du colis par le client), la notation du service et les avis clients, etc.

La gestion de flotte pour le dernier kilomètre

Par ailleurs, un des aspects important pour les entreprises de livraison concerne la gestion de leur flotte de véhicules de livraison. Le gestionnaire de flotte doit s’assurer que les véhicules sont en bon état et disponibles pour effectuer les livraisons. Les véhicules ne sont, la plupart du temps, pas attribués à un conducteur, il faut donc s’assurer que les informations sur l’état d’usure du véhicule soient bien remontées au gestionnaire pour qu’il puisse réaliser l’entretien et/ou les réparations nécessaires. Pour cela, de nouvelles solutions technologiques liées à l’utilisation des données issues des véhicules sont de plus en plus utilisées. Des boitiers, capteurs, peuvent être ajoutés sur les véhicules afin de faire remonter les informations sur l’utilisation, le kilométrage, les voyants allumés sur les tableaux de bord, le niveau des fluides, l’état d’usure des pneumatiques, la consommation de carburant… Ces données peuvent ensuite être exploitées afin de prévenir les pannes sur les véhicules dans une optique de maintenance prédictive.

Enfin, un aspect de la livraison urbaine à ne pas négliger concerne la logistique des retours (reverse logistics) qui génère également de nombreux mouvements et s’intègre dans les mêmes problématiques que la livraison aller (retours colis, enlèvement des emballages, etc.).

Afin de répondre à ces enjeux, Keyrus Management accompagne ses clients sur les sujets liés à la logistique du dernier kilomètre et à la gestion de flotte, en proposant des solutions innovantes et performantes, adaptées au contexte et aux problématiques actuelles.